Décembre approche, et avec lui le deuxième acompte de contribution différentielle sur les hauts revenus.

Cette fois, il porte sur les revenus de l’année 2026. Et les règles ont changé.

Comment estimer dès maintenant le montant à verser, alors que le simulateur de l’administration n’est pas encore disponible pour les revenus 2026 ?

La CDHR en 2026 : un impôt minimal de 20 %

Instituée par l’article 10 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 et codifiée à l’article 224 du CGI, la CDHR devait initialement ne s’appliquer qu’aux revenus 2025.

La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) l’a prorogée jusqu’à l’imposition des revenus de l’année au titre de laquelle le déficit du budget général sera constaté inférieur à 3 % du PIB. Autant dire qu’elle est appelée à durer.

Le mécanisme est inchangé dans son principe. Sont concernés les contribuables dont le revenu de référence retraité excède 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune.

La contribution est égale à la différence, lorsqu’elle est positive, entre 20 % de ce revenu de référence et la somme de l’impôt sur le revenu, de la CEHR et de certains prélèvements libératoires, majorée de 12 500 € pour un couple et de 1 500 € par personne à charge.

Un acompte égal à 95 % de la contribution estimée doit être versé en décembre, sur la base des revenus réalisés et d’une estimation de ceux du dernier mois. L’insuffisance d’acompte est sanctionnée par une majoration, qui en pratique n’a pas été appliquée l’année dernière semble-t-il.

Ce que la loi de finances pour 2026 a changé pour les revenus exceptionnels

Les revenus qualifiés d’exceptionnels au sens du neuvième alinéa du II de l’article 224 du CGI ne sont retenus que pour le quart de leur montant, tant pour apprécier le seuil d’assujettissement que pour calculer la contribution. L’impôt sur le revenu correspondant n’est lui aussi retenu que pour un quart.

Mais pour les revenus 2025, la CEHR afférente à ces revenus était retenue pour son montant total. Elle venait donc s’imputer intégralement sur un impôt minimal calculé sur une base réduite au quart, ce qui en proatique l’annulait.

La loi de finances pour 2026 a mis fin à cette asymétrie. À compter de l’imposition des revenus 2026, la CEHR se rapportant aux revenus exceptionnels n’est plus retenue que pour le quart de son montant (3° du B du IV de l’article 224 du CGI, BOI-IR-CDHR-20-20260630).

La conséquence est mécanique : pour un contribuable qui réalise une plus-value qualifiée d’exceptionnelle une CDHR sera due au titre de 2026 sous réserve que son revenu fiscal de référence soit supérieur au seuil d’imposition.

La qualification de revenu exceptionnel : l’enjeu central

La qualification de revenu exceptionnel peut à elle seule décider de l’assujettissement.

Prenons un contribuable célibataire, sans autre revenu, qui réalise en 2026 une plus-value de cession de titres de 1 000 000 € imposée au PFU.

Si la plus-value est qualifiée d’exceptionnelle, elle n’est retenue que pour 250 000 €. Le seuil n’est pas dépassé : aucune CDHR n’est due.

Si elle ne l’est pas, le revenu de référence s’élève à 1 000 000 € et l’impôt minimal à 200 000 €. L’impôt sur le revenu au PFU représente 128 000 € et la CEHR 27 500 € (hors lissage), soit 155 500 €. La CDHR s’élève alors à 44 500 €, dont un acompte de 42 275 € à verser en décembre.

Or cette qualification n’a rien d’automatique. Elle suppose un revenu qui, par sa nature, n’est pas susceptible d’être recueilli annuellement et dont le montant dépasse la moyenne des revenus nets des trois dernières années. Elle soulève des difficultés, notamment pour une plus-value dont le contribuable a opté pour l’imposition au barème, et la doctrine publiée le 30 juin 2026 ne les a pas toutes levées.

D’où l’intérêt de chiffrer les deux hypothèses avant de verser l’acompte.

Un simulateur pour les revenus 2026, disponible dès maintenant

Le simulateur de la DGFiP permet de calculer la CDHR des revenus 2025. Sa version adaptée à l’acompte de décembre 2026 n’est pas encore en ligne : l’an dernier, elle n’avait été mise à disposition que le 13 novembre.

Le simulateur d’impôt sur le revenu VHAvocats calcule dès à présent l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux, la CEHR et la CDHR pour les revenus 2025 et 2026. Il intègre les modifications de la loi de finances pour 2026, et notamment la prise en compte au quart de la CEHR afférente aux revenus exceptionnels.

Il permet surtout de simuler une plus-value de cession avec ou sans qualification de revenu exceptionnel, et avec ou sans option pour le barème. Le montant de la CDHR, et donc de l’acompte, peut ainsi être comparé d’une hypothèse à l’autre.

Pour les revenus 2026, les tranches du barème retenues sont celles du projet de loi de finances pour 2027. Elles restent provisoires jusqu’à l’adoption du texte.

Le simulateur ne prend pas en compte les réductions et crédits d’impôt, ni certaines particularités du quotient familial. Il fournit une estimation et ne remplace pas une analyse de la situation du contribuable.

Pour aller plus loin, le simulateur CEHR applique le mécanisme de lissage des revenus exceptionnels propre à la CEHR, et le simulateur PFU ou option pour le barème compare les deux modes d’imposition d’une plus-value mobilière.

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